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La sainteté

Le secret de la sainteté

La volonté de Dieu c'est que nous tendions à la sainteté. Jésus en est la source. La sainteté est la vocation de tous, et non seulement celle des religieux ou des prêtres. C'est à tous que Jésus a dit: «Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait» (Mt 5,48). C'est à tous que Dieu pensait, lorsqu'il dit, au moment de la création: «Faisons l'homme à notre image et ressemblance» (Gen 1,26). Saint Paul nous le rappelle: «Voici quelle est la volonté de Dieu: c'est votre sanctification» (1 Th 4,3). L'Eglise nous le répète au chapitre V de la constitution Lumen Gentium.
Si telle est notre vocation, pourquoi parle-t-on si peu de la sainteté? On a presque l'impression qu'on la mesure, et que nous sommes devenus les interprètes d'une limitation, d'une planification. Est-il donc suffisant de ne pas tuer, de ne pas se prostituer, de ne pas voler ouvertement, de ne pas faire de scandale grave, pour s'entendre dire: «Que voudrais-tu faire de plus?» La sainteté n’est pas «ne pas faire» mais un engagement concret, comme lorsque l'on escalade une montagne pour la conquérir. L'on ne cesse alors de se demander: «Que puis-je donc faire de plus?», selon l'exhortation de saint Jean: «Que le saint se sanctifie encore» (Ap 22,11).

La sainteté ne consiste pas à réciter une foule de prières, à jeûner, à faire des sacrifices ou des pèlerinages, à avoir des visions et ainsi de suite, mais à faire la volonté de Dieu. Il nous faut alors nous demander quelle est cette volonté de Dieu et comment elle s'exprime. Elle consiste avant tout à bien faire notre devoir de chaque jour. L'on pourrait objecter: «C'est là une sainteté sans grande valeur...» Mais je réponds: «Essayez donc!» Que le jeune homme essaie de bien faire chaque chose du matin jusqu'au soir, en respectant les autres, en respectant son amie, en se respectant lui-même... Que la personne consacrée essaie de vivre pleinement sa vie d'obéissance, en communion avec ses supérieurs; de vivre la pauvreté avec un réel détachement intérieur; et de vivre la virginité dans la joie et le don de soi constant. Que la mère essaie de créer le dialogue avec ses enfants, de leur être «présente» depuis leur plus bas âge jusqu'au moment où ils seront grands et où elle ne pourra plus rien faire d'autre que prier pour eux, etc…

Voilà l'exercice quotidien de la sainteté. C’est avoir un amour extraordinaire dans les choses les plus ordinaires. Inutile d'attendre les «grandes occasions»: si cet engagement de chaque instant fait défaut, l'on ne peut parvenir à la sainteté, qui est la plénitude de l'amour de Dieu en nous. Chaque instant de notre vie est adéquat pour nous décider à nous mettre en route sur ce chemin. Saint Maximilien Kolbe disait: «Même si quelqu'un avait déjà un pied dans l'enfer, il pourrait encore devenir un grand saint; il lui suffirait de commencer aussitôt à se corriger, de commencer à avoir une confiance illimitée en l'Immaculée, et de commencer à l'aimer de tout son coeur».
            
Marie est la sainte par excellence: elle est la créature qui ressemble le plus à Celui qui est la sainteté par essence. Depuis sa conception, elle participe à cette sainteté, car Dieu l'a créée sans péché en prévision des mérites du Christ. Mais c'est elle-même qui l'a fait croître, qui l'a conquise chaque jour un peu plus, en répondant «oui» au Seigneur. De la même façon qu'un ruisseau reçoit peu à peu l'eau des autres ruisseaux et devient un grand fleuve jusqu'à arriver à la mer, Marie, en disant son «oui» jour après jour, a ajouté la sainteté à la sainteté et est devenue toujours plus proche de Dieu. Si nous ne pouvons prétendre au degré de sainteté de Marie, il nous est toutefois possible de suivre son exemple en progressant toujours, avec nos efforts, dans la joie et la persévérance, accomplissant ainsi le même pèlerinage qu'elle.
Jésus nous a comparés à une vigne dont lui est le cep et nous sommes les sarments (Jn 15,1-11). Nous sommes nés de sa passion, de sa mort et de sa résurrection. Si nous restons unis au cep, nous aussi deviendrons saints. Mais comment demeurer unis au cep? Par amour uniquement, car seul l'amour permet à la «sève» de vivifier les sarments et ainsi de porter du fruit. Personne plus que Marie n'a été bien unie au cep. Par sa disponibilité, elle a fait triompher l'amour. Elle a permis à la grâce de Dieu de se reverser totalement en elle. Que Marie nous aide dans notre chemin de sainteté dans l’amour, elle qui est restée unie à son Dieu jusqu'au bout, pour toujours.
 
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