Jamais il ne se décourageait ou ne se laissait abattre par les difficultés; il disait joyeusement: «La prochaine fois, tout ira bien!» Cette attitude, me semble-t-il, ne provenait pas d'une disposition naturelle - quoiqu'il eût un caractère serein et joyeux mais de sa profonde confiance en la mère de Dieu.
Lorsqu'il souffrait, physiquement ou moralement, il n'en parlait jamais; il le dissimulait au contraire, à un point quelquefois héroïque. J'avais aussi remarqué qu'à titre d'exercice spirituel, il lui arrivait de distribuer aux autres sa part de fruits, qu'il aimait pourtant beaucoup. Il disait souvent qu'il voulait consacrer toute sa vie à un idéal, sans jamais en spécifier la nature exacte.
(Ladislaus Dubaniowski - Extrait du livre « Maximilien Kolbe, Le Saint d’Auschwitz » page 24)
Dès son arrivée au Japon, je le trouvai en proie à une tuberculose avancée, et la vue de ses radios m'atterra. Il avait parfois une fièvre très élevée, accompagnée de frissons et de ces tremblements qui, dans le cas de la tuberculose, peuvent être terribles. Il lui arrivait aussi d'avoir de la fièvre pendant toute une semaine, puis plus rien pendant un mois ou deux. Aux pires moments, il acceptait de se coucher un peu, mais dès que la fièvre et les tremblements diminuaient, il se relevait immédiatement pour se remettre au travail.
J'ai souvent tenté de le persuader d'entrer au sanatorium pour se soigner correctement. Mais il me répondait chaque fois que, de toute façon, il ne guérirait pas, et qu'il préférait continuer à travailler aussi longtemps qu'il le pourrait. Je dois d'ailleurs admettre que son état de santé n'a en rien diminué le temps de vie qui lui fut imparti. Les malades sujets à ces tremblements de la tuberculose ont parfois des crises de délire, mais à ma connaissance, cela ne lui arriva jamais, et il y a là, me semble-t-il, quelque chose d'assez surnaturel.
(Docteur Jacob Yasuro Fukahori - Extrait du livre « Maximilien Kolbe, Le Saint d’Auschwitz » page 82-83)
Son attitude devant la souffrance faisait l'admiration de tous, médecins et infirmiers - prisonniers, eux aussi. Il montrait en tout une grande énergie, et faisait preuve d'une complète soumission à la volonté de Dieu: «Pour Jésus-Christ, disait-il, je suis prêt à souffrir beaucoup plus encore. L’Immaculée me soutient et veille sur moi».
(Père Sweda - Extrait du livre « Maximilien Kolbe, Le Saint d’Auschwitz » page 224-225)
Mes prières n'avaient plus rien de superficiel. Intenses, angoissées, elles relevaient d'une foi extrêmement profonde et avaient un goût de larmes. Lorsque je rencontrai le père Kolbe pour la première fois, il m'arrivait de me révolter contre Dieu: "Pourquoi permettait-il de pareilles horreurs?" Lui, le père, portait encore les traces des coups qu'il avait reçus; pourtant, il ne se plaignait jamais et c'est lui qui m'aida à comprendre le sens de la souffrance.
(Père Sigismund Ruszczak - Extrait du livre « Maximilien Kolbe, Le Saint d’Auschwitz » page 253)